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Chapitre 6 : La photo

Author: Déesse
last update Petsa ng paglalathala: 2026-07-24 03:33:46

Vincent

Elle ouvre la bouche pour protester, mais aucun son ne sort. Ses joues s'empourprent, sa respiration s'accélère. Je vois sa poitrine se soulever sous son pull, ses tétons pointer. Elle reste là, à genoux, les mains sur les cuisses, les yeux fixés sur la photo de sa sœur. Sa respiration est courte, saccadée. Moi, je reste debout derrière elle. Je la domine. Je vois sa nuque, ses cheveux qui bouclent sur sa peau, ses épaules qui tremblent légèrement. Je vois la courbe de son dos, la naissance de ses fesses sous sa robe. Je bande comme jamais. C'est monstrueux, je sais, mais je bande en regardant ma belle-sœur agenouillée devant la photo de ma femme morte. J'imagine que je me penche, que je retrousse sa robe sur ses reins, que je baisse mon jean, que je la prends là, sur le tapis du salon, devant la photo de ma femme.

— Tu l'as fait, n'est-ce pas ? je murmure derrière elle. Tu as joui en me regardant ?

Un long silence. Puis, d'une voix à peine audible :

— Oui.

Le mot tombe entre nous, lourd de conséquences. Ma queue pulse, une goutte de liquide séminal perle à l'extrémité, tachant mon boxer.

— Tu imaginais que c'était toi à sa place. Toi que je prenais par-derrière. Toi que je baisais comme une chienne.

— Oui.

— Regarde-la. Regarde ta sœur et répète-lui ce que tu as fait.

Elle lève les yeux vers la photo, et je vois une larme couler sur sa joue.

— Alice... j'ai regardé ton mari baiser une autre femme. Et j'ai joui en le regardant. Parce que je voulais être à sa place. Parce que je veux qu'il me baise comme il l'a baisée. Comme il te baisait. Je suis désolée. Pardonne-moi.

Le silence qui suit est absolu. Puis je la relâche. Je tourne les talons et je sors du salon sans un mot. Je ne me retourne pas. Si je me retourne, je suis foutu. Si je me retourne, je la plaque au sol, je déchire sa robe, j'écarte ses cuisses et je la prends sans préliminaires. Alors je fuis. Je monte dans ma chambre, je claque la porte, je sors ma queue, et je me branle frénétiquement en pensant à elle. À ses larmes. À son aveu. À sa voix brisée qui suppliait sa sœur de lui pardonner. Je jouis dans un grognement, le sperme qui gicle sur ma main, sur mon ventre, et je reste là, haletant, les yeux fixés au plafond. Je suis le pire des hommes. Et pourtant, je ne peux pas m'arrêter.

Camille

Un an. Un an aujourd'hui que ma sœur est morte. Je me suis réveillée avec cette date gravée derrière les paupières. Un an sans elle. Un an dans cette maison qui n'est pas la mienne, avec un homme qui n'est pas le mien, et une petite fille qui m'appelle tata mais qui voudrait appeler quelqu'un maman. Un an que je vis avec le désir interdit qui me ronge, qui me consume, qui m'empêche de dormir la nuit et de me regarder dans le miroir le matin.

Je ne sais pas ce qui m'a pris. Peut-être que je voulais lui rendre hommage. Peut-être que je voulais la sentir près de moi, ne serait-ce qu'un instant. Ou peut-être que je voulais le provoquer, lui, Vincent, qui depuis la scène de l'agenouillement ne m'a plus adressé la parole. Pas un mot depuis trois jours. Rien que des regards. Des regards qui me déshabillent et me punissent en même temps. Des regards qui disent qu'il se souvient de mon aveu, qu'il se souvient de mes mots, qu'il se souvient que j'ai supplié ma sœur de me pardonner de désirer son mari.

Bref. Ce matin, je suis entrée dans la chambre d'Alice. Je n'y vais jamais. C'est une pièce interdite, figée dans le temps, avec ses vêtements encore dans l'armoire, ses livres sur la table de nuit, son oreiller qui garde l'empreinte fantôme de sa tête. J'ai ouvert l'armoire. J'ai vu ses robes, ses jupes, ses chemisiers. Et au fond, sur un cintre, il y avait celle-là. La robe qu'elle portait le jour où elle m'a annoncé ses fiançailles. Une robe blanche, légère, en mousseline, avec des broderies sur le buste. Je ne sais pas pourquoi je l'ai prise. Peut-être parce que je voulais me souvenir d'elle heureuse. Peut-être parce que je voulais le provoquer. Ou peut-être parce que, secrètement, je voulais être elle, ne serait-ce qu'une heure.

Sur la coiffeuse, il y a ses parfums. J'ai attrapé le flacon que je connaissais. Celui qu'elle portait le jour de son mariage. Vanille, jasmin, musc. L'odeur de ma sœur. L'odeur de mon enfance. J'ai appuyé sur la pompe, et le nuage m'a enveloppée, imprégnant ma peau, mes cheveux, la robe blanche qui flottait autour de mes cuisses.

Je suis descendue, parfumée comme elle, habillée comme elle. Manon était déjà partie chez sa grand-mère pour la journée. La maison était vide, ou presque. Vincent était dans la cuisine, attablé devant son café. Il portait un vieux jean déchiré aux genoux et un tee-shirt noir, ses cheveux en bataille, sa barbe de trois jours plus sombre que jamais. Il a levé les yeux. Il a blêmi. Son visage s'est vidé de toute couleur, comme s'il voyait un fantôme.

— Qu'est-ce que tu as fait ?

Sa voix était basse, dangereuse. Une voix que je ne lui connaissais pas. Une voix qui promettait la punition, la douleur, le chaos.

— Rien. Je voulais juste... me souvenir d'elle.

Il s'est levé si brusquement que sa chaise est tombée en arrière avec un fracas qui m'a fait sursauter. Il a traversé la cuisine en trois enjambées et m'a plaquée contre le mur. Mon dos a heurté le plâtre, l'air est sorti de mes poumons dans un souffle étranglé. Ses mains étaient de chaque côté de ma tête, ses yeux à quelques centimètres des miens. Il était si proche que je pouvais sentir son odeur, ce parfum viril de savon et de transpiration, si proche que je pouvais voir les paillettes dorées dans ses iris sombres, les petites rides au coin de ses yeux, la cicatrice sur sa lèvre inférieure.

— Tu n'es pas elle. Tu ne seras jamais elle.

Sa voix vibrait contre mon visage, chaude, colérique, vibrante. Je sentais son souffle sur mes lèvres. Mon cœur battait si fort que je crus qu'il allait exploser.

— Ne porte jamais ça. Jamais. Tu m'entends ?

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