LYSANDREJe restai seul dans le salon avec cette impression de plus en plus nette que les Dersis n’étaient pas seulement une famille acculée, mais un terrain saturé d’électricité ancienne. La mère se taisait trop. Le père mentait mal. Selene regardait tout comme une femme à qui l’on refuse le centre et qui, pour cette raison même, apprend à circuler dans les marges comme un poison élégant.Et Vilanova, au milieu de cela, tenait.C’était cela, au fond, qui me troublait le plus.Pas sa beauté. Elle en avait, oui, mais le monde déborde de beautés inutiles. Pas son malheur non plus ; les femmes sacrifiées par leur famille ne manquent pas. Non. Ce qui retenait mon attention chez elle, c’était cette force silencieuse, presque ancienne, qui n’avait besoin ni de cris ni de témoins pour exister. Elle résistait de l’intérieur. Et ce genre de résistance-là finit toujours par déplacer davantage qu’un scandale.Je quittai le salon à mon tour.
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