VILANOVALe soir même, on me demanda d'être belle.On ne me le dit pas ainsi, bien sûr. Dans les maisons comme celle des Dravenor, les ordres les plus brutaux prennent toujours la forme d'une attente élégante. Hélène, la gouvernante, entra dans mes appartements avec une précision irréprochable, accompagnée de deux femmes silencieuses chargées des derniers ajustements, et m'annonça simplement :— Le bal commencera dans une heure, madame.Madame.Je ne m'étais pas encore habituée à ce mot. Il ne me semblait ni faux ni vrai. Il flottait autour de moi comme un vêtement emprunté, trop bien coupé pour pouvoir être rejeté, trop étranger pour être porté sans malaise.Je refermai le livre que je n'avais pas vraiment lu.Depuis le matin, l'absence du portrait me hantait presque autant que sa présence de la veille. Lorsque j'avais eu le courage de retourner dans ce couloir après m'être habillée, le mur était vide. Nu. Comme si la t
Read more