Chapitre 108LudovicaLes pinceaux arrivent un matin, dans une boîte en bois de cèdre, les soies soigneusement rangées, alignées par taille et par forme.La boîte est posée sur la table de la salle à manger, à côté de mon assiette, et elle attire mon regard dès que j'entre dans la pièce. Le bois est clair, lisse, poli à la cire, et il sent le cèdre, une odeur douce et fraîche qui se mêle à celle du café, du pain chaud, de la mer qui entre par les fenêtres ouvertes. Les charnières en laiton sont neuves, brillantes, et elles couinent légèrement quand je soulève le couvercle.Les pinceaux sont superbes. Des pinceaux à poils de martre, les meilleurs, ceux que j'aurais rêvé d'avoir sans jamais pouvoir me les offrir. Les soies sont fines, soyeuses, et elles glissent sous mon pouce comme une caresse. Certains sont ronds, pour les détails, d'autres plats, pour les aplats, d'autres encore biseautés, pour les traits précis. Les manches sont en bois poli, légèrement plus lourds que ceux que j'ut
더 보기