Chapitre 114 Ludovica Le jardin est calme, trop calme. La lumière du matin est douce, presque laiteuse, et elle glisse sur les roses fanées, sur les dalles de pierre, sur le banc de marbre où je suis assise. Les oiseaux chantent dans les cyprès, leurs trilles joyeux emplissant l'air, et la mer, en bas, est d'un bleu profond, presque noir, comme une encre étalée sur le papier du ciel. Je suis seule. Russo est à l'autre bout du jardin, adossé à son cyprès, sa cigarette éteinte entre les doigts. Il est là, mais il est loin. Trop loin. Le bruit de pas sur le gravier me fait lever la tête. Un homme s'approche. Je ne le connais pas. Il est grand, les épaules larges, le visage marqué par des cicatrices, les yeux noirs et vides. Il porte une veste sombre, des chaus
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