IdaLe temps passe, mais la douleur ne passe pas. Elle change de forme, elle mute, elle s'adapte. Elle devient moins aiguë, moins fulgurante, mais plus profonde, plus sourde, plus lancinante. Elle n'est plus un coup de poignard, elle est un poison lent, une gangrène, une maladie.Je ne dors toujours pas. Ou plutôt, je dors mal, par à-coups, par fragments. Je me réveille au milieu de la nuit, le cœur battant, le corps en sueur, le souffle court. J'ai rêvé de lui, j'ai rêvé de nous, j'ai rêvé de ce qui aurait pu être. Et puis la réalité me rattrape, me gifle, m'écrase. Il n'est plus là, il ne sera plus jamais là, je l'ai perdu.La journée, j'essaie de reconstruire ma vie. J'ai rouvert la boutique, j'ai repris le travail, j'ai ressorti mes pinceaux et mes solvants. La restauration est une discipline qui demande patienc
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