Je pleure, je pleure comme je n'ai jamais pleuré depuis mon réveil. Des larmes de joie, de soulagement, de douleur, d'espoir. Des larmes qui emportent avec elles les derniers vestiges de l'amnésie, qui nettoient les blessures de mon âme, qui me libèrent de mes chaînes. Je pleure parce que je suis de nouveau moi-même, parce que je suis de nouveau entière, parce que je suis de nouveau vivante.Sœur Marthe me trouve ainsi, prostrée dans le massif de roses, les mains pleines de terre, le visage ruisselant de larmes. Elle s'agenouille près de moi, elle me prend dans ses bras, elle me berce comme une enfant.— Mon petit, que se passe-t-il ? Vous êtes blessée ? Vous souffrez ?— Non, dis-je en secouant la tête. Non, Sœur Marthe. Je ne souffre plus. Je me souviens.— Vous vous souvenez ?— De tout. De ma vie, de mon passé, de mon amour. Je me souviens de Klaus.Elle me regarde avec une expression indéchiffrable, un mélange de joie et d'inquiétude, d'espoir et de crainte. Elle sait ce que cela
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