Elle sourit, elle essuie une larme, elle se lève et retourne à ses bocaux d'herbes. Et je reste là, assise près de la fenêtre, à regarder la neige tomber sur le cloître silencieux. Ainsi, Sœur Helene a aimé, elle aussi. Elle a souffert, elle aussi. Elle a perdu, elle aussi. Et pourtant, elle est là, debout, vivante, apaisée. Peut-être que l'amour ne meurt jamais, finalement. Peut-être qu'il se transforme, qu'il s'élève, qu'il transcende. Peut-être qu'il devient autre chose, quelque chose de plus grand, de plus pur, de plus éternel. Cette nuit-là, le rêve est différent. L'odeur de bois de santal est toujours là, mais elle n'est plus seule. Il y a aussi une voix, une voix grave et rauque qui murmure mon nom dans l'obscurité. Ida, Ida, Ida. Et des mains, des mains puissantes et douces qui caressent mon visage, mon cou, mes épaules. Et des lèvres, des lèvres chaudes et insistantes qui se posent sur les miennes. Je me réveille en sursaut, le cœur battant, le souffle court. Le rêve étai
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