VILANOVA Je n'ai pas tout de suite compris ce que je tenais dans ma main.La clé était trop petite pour ouvrir une porte importante, trop ancienne pour appartenir à un usage domestique ordinaire, trop volontairement cachée pour n'être qu'un oubli glissé sous une pierre. Je l'avais gardée fermée dans mon poing tout le chemin du retour, comme si le simple contact du métal contre ma paume pouvait m'empêcher de douter de ce qui venait de se passer.Quelqu'un avait voulu que je la trouve.Ou bien quelqu'un l'avait laissée là pour une autre femme, à une autre époque, et je n'étais arrivée qu'en retard dans un rendez-vous que les morts continuaient d'honorer sans moi.Cette idée me poursuivit jusque dans mes appartements.Je refermai la porte à clé, allumai seulement la lampe près du bureau, puis j'ouvris enfin les doigts. La clé reposait là, à la lumière, plus mince encore que dans le jardin. Sa tige portait une usure régulière, non c
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