Chapitre 38 Livia Les mots du Duc résonnent dans le silence de la bibliothèque, ils flottent dans l'air chargé de l'odeur du cuir ancien, du papier jauni, de la cire d'abeille et de la fumée de bois, et je les reçois comme un cadeau inattendu, comme une confidence qu'il me fait sans même s'en rendre compte, comme une porte qu'il entrouvre sur son passé et qu'il me permet de regarder par l'entrebâillement. Autrefois. Il lisait, autrefois. Sa mère lui avait transmis cette passion, cette passion qui est aussi la mienne, cette passion que ma propre mère a encouragée en cachette, en glissant des livres sous mon oreiller quand mon père ne regardait pas, en me faisant promettre de ne jamais en parler à quiconque. Nous avons cela en commun, lui et moi, cette chose minuscule et fragile, cette étincelle qui a survécu aux tragédies et aux menso
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