Chapitre 5AlexanderL'aube est grise, une aube sans soleil, sans éclat, une simple dilution de l'obscurité en un jour pâle et maladif qui semble hésiter à se lever tout à fait. Je n'ai pas dormi, je n'ai même pas essayé, et mon corps tout entier est tendu comme la corde d'un arc juste avant la décoche. Mes muscles sont raides, mes articulations froides, mais mon esprit, lui, est d'une clarté tranchante, aiguisé par des heures d'attente immobile dans le fauteuil de cuir usé. Le moment est venu, le moment que j'ai préparé pendant dix ans, le moment que j'ai imaginé dans les moindres détails, et pourtant, alors que je me tiens devant la porte de chêne noir derrière laquelle la prisonnière attend, je sens quelque chose d'inattendu, une infime vibration dans ma poitrine, une chose que je ne veux pas nommer.Je pose ma main sur la poignée de fer forgé, elle est glacée sous mes doigts, rugueuse, une pièce de métal usée par des siècles de mains comme la mienne. Je respire lentement, profondé
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